« Epargne, investissement, dépenses… comment gérer ses finances personnelles en tant que professionnel ? » Témoignages [2/2]

Après notre première série de témoignages sur la gestion des finances personnelles (que vous pouvez trouver ici –> https://wp.me/pa15sp-gl), un coach en développement intégral et un banquier nous partagent aujourd’hui leur point de vue sur l’épargne, l’investissement et la gestion des dépenses. Bonne lecture !

Témoignage de Wilfried, Coach en Développement Intégral, 39 ans.

« À l’époque, pour moi, le salaire permettait juste de rembourser son prêt et de dépenser le reste. »

Quand tu as commencé à travailler, quelle perception avais-tu de la gestion des finances ?

Je n’avais qu’une connaissance très limitée de la gestion des finances. J’ai appris qu’on ne pouvait pas réaliser ses projets (avoir sa maison et son moyen de déplacement) en économisant : il fallait faire un prêt pour le faire. À l’époque, pour moi, le salaire permettait juste de rembourser son prêt et de dépenser le reste.

Ta perception a-t-elle évolué avec le temps ?

Oui, beaucoup car après mon premier prêt qui a servi à payer partiellement le terrain de mon domicile principal, j’ai dû faire un deuxième à travers un rachat et c’est en ce moment que j’ai appris qu’il fallait mettre une partie dans une activité pour avoir des revenus. Je ne voyais pas ce geste comme un investissement à l’époque. J’ai juste acheté un moulin car le disais-je, c’était plus sûr que le taxi. C’est bien après, que j’ai appris à travers des lectures, la bonne répartition des revenus : se faire plaisir, épargner pour investir, faire des dons et le reste pour les dépenses.

Que recommanderais-tu comme approche pour bien gérer ses finances ?

Je recommanderais d’avoir un budget mensuel personnel qui permettra de faire la bonne répartition et surtout systématiser la partie de l’épargne en donnant un ordre de virement permanent, si possible, ou en trouvant un moyen de rendre cet argent inaccessible.

Témoignage de Vincent, Banquier, 36 ans.

« Une chose est de faire un budget et une autre est de s’y conformer en toute rigueur. »

Quand tu as commencé à travailler, quelle perception avais-tu de la gestion des finances (épargne, dépense, investissement) ?

Mon parcours académique en sciences économiques et de gestion m’a doté d’une compréhension assez adéquate de l’importance d’une gestion efficace des ressources et du rôle de l’investissement et de l’épargne dans la croissance d’une entreprise ou d’une économie. A la suite de mon intégration au monde professionnel, la transposition de ces connaissances ainsi que leurs applications à ma vie privée étaient une nécessité. J’ai réalisé que mes revenus mensuels étaient, dans une certaine mesure, la rémunération des investissements séquentiels réalisés sur une longue période par ma famille et moi-même. Une gestion optimale des ressources était donc de mise afin de pouvoir financer des investissements futurs. A cet effet, je disposais d’un budget mensuel calibré sur mes revenus et d’une liste des besoins à financer à moyen terme.

Une chose est de faire un budget et une autre est de s’y conformer en toute rigueur. Mes performances sur ce dernier point ne se sont améliorées qu’après plusieurs années. Les premiers mois ont été difficiles en termes de bouclage du budget mensuel et d’allocation des ressources aux différentes lignes du budget. Nonobstant les faiblesses notées de mon expérience, l’élaboration et l’adoption d’un budget mensuel présentent toujours un avantage indéniable en ce sens qu’elles imposent une contrainte psychologique forte qui est souvent activée face à des tentations de dépenses imprévues et dispensables. A mesure que ma performance en matière de gestion de ressources s’améliorait, j’arrivais à dégager une épargne mensuelle. Ainsi, en plus du budget mensuel prévisionnel, j’ai commencé à dresser aussi un budget annuel quoiqu’entouré d’incertitudes. L’avantage du budget annuel est qu’il offrait la visibilité temporelle sur la possibilité de réalisation des investissements dans une année. En effet, au regard des besoins illimités, il était nécessaire d’investir davantage pour diversifier mes revenus. J’ai ainsi décidé d’effectuer des investissements dans certaines activités génératrices de revenus et dans le renforcement de mes capacités en poursuivant mes études universitaires de troisième cycle.

La nécessité d’effectuer des investissements ne doit pas occulter la constitution d’épargne liquide. Il est important de trouver le bon équilibre entre le financement des activités génératrices de revenus et la constitution d’une épargne pouvant servir d’amortisseur en cas de conjoncture défavorable ou de besoins imprévus.

Ta perception a-t-elle évolué avec le temps ?

Ma perception de l’importance de l’investissement, de l’épargne et de la gestion efficace des ressources s’est renforcée d’année en année à mesure que les gains escomptés se concrétisaient. Un changement important noté est la diversité des investissements effectués s’étendant à certains domaines du social face à la nécessité d’être aussi utile à ma communauté.

Que recommanderais-tu comme approche pour bien gérer ses finances ?

Il est indispensable à chaque être humain d’identifier clairement ses besoins en fonction de ses préférences et de se doter d’une stratégie exécutable en adéquation avec les ressources disponibles. Mes recommandations aux professionnels se résument comme suit.

  • Etablir et mettre à jour périodiquement une liste des besoins identifiés afin de les catégoriser par ordre de priorité et de nécessité. 
  • Elaborer un budget mensuel ventilé en revenus et charges fixes, variables ou compressibles et suivre hebdomadairement ses dépenses afin de réduire les imprévus tout en sachant que la performance sur ce dernier point augmente souvent avec l’expérience.
  • Mensualiser les dépenses d’importance relative afin d’éviter des décaissements qui pourraient rendre le budget déficitaire d’une période à une autre.
  • Eviter la dépendance à une source unique de revenu en prenant le risque d’investir dans des projets ou entreprises rentables.
  • Prendre conscience que la période d’activité d’un être humain est limitée d’où la nécessité d’investir davantage, de constituer une épargne pour les jours de retraite à travers les divers produits offerts par les institutions bancaires et compagnies d’épargne.

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